Gazoduc Transsaharien (TSGP) : Tracé, Capacité et Enjeux du Projet Contesté
Le TSGP est un gazoduc de 4 128 km reliant le Nigeria à l’Algérie.
- Capacité de 30 milliards de m³ par an depuis les réserves nigérianes.
- Tracé direct via le Sahara, un tiers plus court que le concurrent marocain.
- Relancé en 2022 par la demande européenne de diversification énergétique.
- Lancement des travaux prévu en juin 2026 sur le tronçon algérien.
- Mise en service attendue entre 2027 et 2029 selon les sources.
- Coût réévalué à 20 milliards de dollars contre 13 milliards en 2009.
Contexte concurrentiel : la rivalité avec le projet marocain
- Gazoduc Afrique Atlantique : 6 000 km via 13 pays
- Objectif : exporter le gaz nigérian vers l’Europe par la côte ouest
- Gazoduc Transsaharien (TSGP) : 4 128 km, tracé direct par le Sahara
- Opposition géopolitique : Maroc contre Algérie, rupture diplomatique
- Avantage TSGP : tracé plus court, pas de détour côtier
Le Gazoduc Transsaharien fait face à un concurrent direct porté par le Maroc et le Nigeria : le Gazoduc Afrique Atlantique. Ce mégaprojet rival prévoit de parcourir 6 000 km en traversant 13 pays le long de la côte ouest-africaine, pour acheminer le gaz nigérian vers l’Europe via le Maroc. À l’inverse, le TSGP relie directement le Nigeria à l’Algérie par un corridor saharien de 4 128 km, soit un tiers de moins. Cette différence de longueur constitue un avantage technique et financier pour le projet algérien.
Au-delà des chiffres, les deux pipelines s’affrontent sur le terrain géopolitique. L’Algérie et le Maroc entretiennent une rivalité historique qui bloque toute coopération énergétique régionale. Le TSGP est porté par l’Algérie, le Niger et le Nigeria, tandis que le Gazoduc Afrique Atlantique bénéficie du soutien marocain. Chacun des deux camps cherche à capter les énormes réserves inexploitées du Nigeria 6 000 milliards m³ pour approvisionner le marché européen. Le tracé plus court du TSGP pourrait lui donner un avantage économique décisif si les obstacles sécuritaires et politiques sont surmontés.
Histoire et relance d’un projet centenaire

L’idée de transporter le gaz nigérian vers l’Europe via le Sahara germe dès 1980. Il faut attendre le 3 juillet 2009 pour que le Nigeria, le Niger et l’Algérie signent un accord officialisant le projet, avec une première mise en service prévue pour 2015, finalement non tenue. Le coût estimé à 13 milliards de dollars en 2009 est aujourd’hui réévalué à 20 milliards de dollars.
La relance décisive intervient en 2022, avec la signature d’un mémorandum d’entente qui réactive les études de faisabilité. Ce nouvel élan, porté par la demande européenne de diversification énergétique, fixe l’ambition d’acheminer 30 milliards de m³ par an depuis les 6 000 milliards de m³ de réserves inexploitées du Nigeria vers le hub algérien de Hassi R’Mel.
Lancement officiel des travaux en 2026
- Lancement juin 2026 tronçon algérien : les travaux débuteront officiellement en juin 2026 sur la section algérienne du gazoduc
- Mise en service : 2027 ou 2029 : le calendrier initial prévoyait une mise en service en 2027, mais certaines sources évoquent désormais un démarrage effectif en 2029
- Suit le corridor Route Transsaharienne : le tracé du gazoduc longe le corridor routier transsaharien, facilitant la logistique et la surveillance des infrastructures
- Accord signé en 2009 : l’accord tripartite fondateur entre le Nigeria, le Niger et l’Algérie a été signé le 3 juillet 2009
- Relance en 2022 : après des années de suspension, le projet a été relancé en 2022 par un mémorandum d’entente entre les trois pays, ouvrant la voie au lancement des travaux
Importance économique et géostratégique du TSGP
Le TSGP relie deux géants gaziers africains : l’Algérie, premier producteur du continent, et le Nigeria, qui détient la plus grande réserve inexploitée d’Afrique avec 6 000 milliards m³. Sa capacité de 30 milliards m³/an couvrirait environ 11 % des importations annuelles de l’Union européenne, estimées à 270 milliards m³.
Au-delà des volumes, le projet offre une diversification stratégique face aux routes existantes (Transmed, Medgaz). Il sécurise un approvisionnement direct depuis le golfe de Guinée sans passer par le détroit de Gibraltar, renforçant l’indépendance énergétique européenne.
| Indicateur | Valeur | Source |
|---|---|---|
| Capacité annuelle | 30 milliards m³ | Wikipédia / France 24 |
| Part des importations UE | 11 % | Analyse SERP |
| Réserves Nigeria (inexploitées) | 6 000 milliards m³ | Pages sources |
| Coût estimé (réévaluation) | 20 milliards USD | Sources concurrentes |
Corridor énergétique Afrique-Europe : caractéristiques techniques
- Longueur : 4 128 km
- Départ : Warri (Nigeria)
- Arrivée : Hassi R’Mel (Algérie)
- Capacité : 30 milliards m³/an
- Pays traversés : Nigeria, Niger, Algérie
Ce corridor reliant le golfe de Guinée à la Méditerranée constitue l’une des infrastructures énergétiques les plus ambitieuses d’Afrique. Le gazoduc prend son départ à Warri, dans le sud du Nigeria, pour traverser le Niger sur environ 1 000 kilomètres, puis le Sahara algérien jusqu’au hub gazier de Hassi R’Mel. Ce point d’arrivée n’a pas été choisi au hasard : Hassi R’Mel est le plus grand champ gazier d’Afrique et le carrefour des principaux gazoducs algériens vers l’Europe.
La conception technique du gazoduc Transsaharien (TSGP) prévoit un diamètre de 56 pouces (environ 1,42 mètre) et une pression de service de 100 bars, des spécifications standards pour un transport sur d’aussi longues distances. Le tracé suit en partie le corridor de la Route Transsaharienne, une infrastructure routière déjà existante qui facilitera la logistique de construction et de maintenance.
Une fois acheminé jusqu’à Hassi R’Mel, le gaz nigérian pourra emprunter les réseaux d’exportation existants de l’Algérie. Les deux voies principales sont le Medgaz vers l’Espagne (210 km sous-marins) et le Transmed vers l’Italie, dont la section algérienne s’étend sur 550 km et la section tunisienne sur 370 km. Ce maillage offre une flexibilité d’exportation vers plusieurs marchés européens, renforçant ainsi la sécurité d’approvisionnement du continent.
FAQ : Questions fréquentes sur le gazoduc Transsaharien
Où en est le projet de gazoduc Transsaharien aujourd’hui ?
Le projet a été officiellement relancé en 2024 avec un mémorandum entre l’Algérie, le Nigeria et le Niger. Les études d’ingénierie avancent pour un début des travaux prévu en 2026.
Quelle est la capacité annuelle du TSGP comparée au Transmed ?
Le TSGP prévoit une capacité de 30 milliards de m³ par an, soit le double de celle du gazoduc Transmed qui relie l’Algérie à l’Italie.
Quels sont les plus grands gazoducs du monde en longueur et capacité ?
Le plus long est le Power of Siberia (Chine-Russie) avec 3 000 km. Le plus capacitaire est le Nord Stream 2 avec 55 milliards de m³/an. Le TSGP atteindra 4 000 km.
Quels marchés européens l’Algérie alimente-t-elle via ses gazoducs ?
L’Algérie approvisionne directement l’Italie via le Transmed, l’Espagne via le Medgaz, et le Portugal via une interconnexion avec l’Espagne.
