Stations de dessalement en Algérie : état des lieux, capacité et stratégie 2030

L’Algérie dispose de 25 stations de dessalement couvrant 42 % de l’eau potable.

  • 14 wilayas côtières accueillent ces stations.
  • Objectif 2030 : porter la couverture à 60 %.
  • 5 nouvelles stations alimentent 15 millions d’habitants.
  • Capacité passée de 18 % à 42 % avec ces usines récentes.
  • Les stations de Fouka 2 et Koudiet Eddraouche produisent 300 000 m³/jour.

Capacité et volume des stations de dessalement en Algérie

Chiffres clés et capacité cumulée

  • 25 stations en exploitation en Algérie
  • Capacité couvre 42 % des besoins en eau potable
  • Objectif 2030 : 60-62 % de couverture par le dessalement
  • 5 stations récentes ajoutées au réseau

L’Algérie dispose aujourd’hui de 25 stations de dessalement réparties sur 14 wilayas côtières. Leur production cumulée assure 42 % de l’eau potable du pays une part qui était de 18 % avant la mise en service des cinq dernières usines. Ces 5 nouvelles stations alimentent à elles seules 15 millions d’habitants et ont fait passer la contribution de l’eau dessalée de 18 % à 42 %. L’objectif fixé à l’horizon 2030 est de porter cette couverture à 60 %, soit environ 2 millions de m³ par jour supplémentaires.

Station Wilaya Capacité (m³/jour) Bénéficiaires
Fouka 2 Tipaza 300 000
Koudiet Eddraouche El Tarf 300 000
Station du Hamma Alger 200 000 1,5 million d’habitants
Souk Tléta Tlemcen 200 000 300 000 habitants
Ténès Chlef 200 000
Honaïne Aïn Témouchent 200 000
Béni Saf Aïn Témouchent 200 000
Mostaganem Mostaganem 200 000
Douaouda Fouka 1 Tipaza 120 000
Skikda Skikda 100 000
Djinet Boumerdès 100 000 100 000 habitants
Arzew Oran 90 000

Les méga-stations et leurs capacités individuelles

Parmi les

Objectifs et stratégie hydrique nationale 2030

dessalement eau de mer algérie

L’Algérie s’est fixé un objectif ambitieux : porter la part de l’eau potable issue du dessalement à 60 % d’ici 2030. Actuellement, cette contribution atteint 42 %, contre seulement 18 % auparavant, grâce à la mise en service de cinq nouvelles stations.

Un programme présidentiel complémentaire prévoit la construction de six méga-stations. Ces projets sont soutenus par un investissement de 1 milliard de dollars. Sonatrach a également signé des contrats pour trois nouvelles usines, chacune d’une capacité de 300 000 m³/jour, portant la production cumulée à 1 million de m³/jour.

Cette stratégie vise à sécuriser l’approvisionnement en eau potable face au stress hydrique, alors que les ressources renouvelables annuelles plafonnent à moins de 700 m³ par habitant. Le dessalement devient ainsi un pilier central de la politique hydrique nationale.

Défis environnementaux du dessalement en Algérie

Si le dessalement est une solution cruciale pour la sécurité hydrique du pays, il n’est pas sans poser des questions environnementales majeures. La production massive d’eau potable à partir de la mer génère des rejets de saumure, une eau très concentrée en sel et en produits chimiques, qui peut perturber les écosystèmes côtiers. À cela s’ajoute une consommation énergétique élevée, comprise entre 3 et 6 kWh/m³ d’eau produite par osmose inverse, ce qui représente un coût économique et un bilan carbone non négligeable.

Impacts environnementaux des rejets

Les rejets de saumure, bien que dilués, sont rejetés à proximité des côtes. Ils contiennent des résidus de produits chimiques utilisés pour le prétraitement et le nettoyage des membranes (antitartre, biocides). L’eau chaude rejetée peut également modifier localement la température de l’eau de mer, affectant la faune et la flore marines. La gestion de ces effluents est donc un défi technique pour les 50 installations de dessalement présentes sur le territoire, d’autant que le pays se fixe un objectif de 60 % de couverture de l’eau potable par cette méthode à l’horizon 2030.

Solutions pour un dessalement plus durable

Pour répondre à ces enjeux, l’Algérie explore plusieurs pistes de dessalement durable :

  • Intégration solaire et éolienne aux stations pour réduire la dépendance aux énergies fossiles et faire baisser le coût énergétique du mètre cube produit.
  • Optimisation IA pour réduire les impacts : l’intelligence artificielle permet de moduler la pression des membranes et la dose de produits chimiques en temps réel, minimisant ainsi la consommation d’énergie et les rejets.
  • Consommation : l’osmose inverse nécessite 3 à 6 kWh/m³ d’eau produite, mais les nouvelles technologies visent à descendre sous la barre des 3 kWh.
  • Réduction des rejets chimiques en développement, grâce à des membranes plus performantes et des procédés de prétraitement moins agressifs.

Avec des ressources renouvelables annuelles inférieures à 700 mètres cubes par habitant, l’Algérie se trouve dans une situation de stress hydrique structurel. Rendre le dessalement plus respectueux de l’environnement est donc une priorité stratégique pour concilier sécurité en eau et préservation du littoral méditerranéen.

Questions fréquentes sur le dessalement en Algérie

Quelles sont les nouvelles stations de dessalement ?

Les nouvelles stations incluent Cap Djinet (120 000 m³/jour), Ténès (200 000 m³/jour) et Fouka 2 (120 000 m³/jour). Le gouvernement a lancé six nouvelles usines, dont des méga-stations à El-Mactaâ et Kharrouba, visant à ajouter plus d’un million de mètres cubes par jour d’ici 2025.

L’Algérie utilise-t-elle le dessalement de l’eau de mer ?

Oui, l’Algérie utilise massivement le dessalement de l’eau de mer. Avec 23 stations en service en 2024, elle produit environ 2,1 millions de mètres cubes d’eau potable par jour, couvrant près de 20% des besoins nationaux en eau, un chiffre qui devrait doubler d’ici 2030.

Quels pays dessalent l’eau de mer dans le monde ?

L’Arabie saoudite est le leader mondial avec plus de 5 millions de m³/jour, suivie des Émirats arabes unis, des États-Unis et de la Chine. En Afrique, l’Algérie est le premier producteur d’eau dessalée, devant l’Égypte et la Libye. La capacité mondiale dépasse 95 millions de m³/jour.