Loi de finances 2026 Algérie : mesures fiscales, calendrier et réformes essentielles
La loi de finances 2026 Algérie est promulguée et publiée au Journal officiel.
- Loi n° 25-17 signée le 14 décembre 2025.
- Publication au Journal officiel n° 88.
- Entrée en vigueur le 1ᵉʳ janvier 2026.
- Déficit budgétaire prévu à 9.627 milliards DA.
- Recettes globales estimées à 8.009 milliards DA.
- Impôt sur dividendes réduit à 10 % pour les résidents.
Les mesures fiscales et budgétaires essentielles de la loi de finances 2026
| Indicateur budgétaire | Montant prévisionnel 2026 | Évolution notable |
|---|---|---|
| Recettes globales | 8.009 milliards DA | Fiscalité pétrolière : 2.697 Mds DA |
| Dépenses budgétaires | 17.636 milliards DA | Équivalent 131 milliards $ |
| Déficit budgétaire | 9.627 milliards DA | Consommation budget : 70 % |
| Impôt dividendes résidents | Taux réduit à 10 % | Baisse de 5 points (était 15 %) |
Les grandes lignes budgétaires de la loi de finances 2026 dessinent une trajectoire marquée par un déficit prévisionnel de 9.627 milliards DA, financé en partie par la mobilisation de ressources non pétrolières. Les recettes globales attendues s’établissent à 8.009 milliards DA, dont 2.697 milliards DA issus de la fiscalité pétrolière un niveau qui confirme la dépendance relative aux hydrocarbures malgré les efforts de diversification.
Côté dépenses, l’enveloppe en crédits de paiement atteint 17.636 milliards DA, soit l’équivalent de 131 milliards de dollars. Cette masse budgétaire représente un effort considérable pour maintenir les équilibres macroéconomiques, alors que le taux de consommation du budget est estimé à 70 %.
Pour les particuliers, la mesure la plus attendue reste la réduction de l’impôt sur les dividendes pour les résidents, qui passe de 15 % à 10 %. Cette baisse vise à encourager la distribution de bénéfices et à stimuler l’investissement local. À noter également l’extension de la TVA réduite à 9 % à de nouvelles activités, notamment les logements anciens, les hôpitaux et les formations.
Le cadre légal : publication au Journal officiel et signature présidentielle

La loi de finances 2026 a été promulguée sous la référence loi n° 25-17 du 14 décembre 2025, signée par le président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Ce texte fondateur a été officiellement publié au Journal officiel n° 88, marquant ainsi le point de départ de son cadre juridique contraignant.
Adoptée par l’Assemblée populaire nationale à une large majorité, cette loi est entrée en vigueur le 1ᵉʳ janvier 2026. Elle abroge et remplace les dispositions fiscales antérieures, offrant aux contribuables et aux entreprises un socle légal unifié pour gérer leurs obligations et anticiper les nouvelles règles budgétaires de l’exercice.
Calendrier d’entrée en vigueur et échéances déclaratives
La loi de finances s’applique à partir du 1er janvier 2026, mais plusieurs échéances déclaratives spécifiques rythment les premiers mois de l’année. Les entreprises doivent anticiper ces dates pour éviter les pénalités de retard, d’autant que la télédéclaration devient la règle pour la majorité des formulaires.
| Obligation fiscale | Échéance 2026 | Modalité |
|---|---|---|
| Déclaration G n°50 | 1er février | Prorogation accordée |
| Déclarations G n°12 bis et G n°50 ter | 1er mars | Télédéclaration obligatoire |
| Déclaration TVA | 20 mars | Date unique pour tous |
| Déclaration de salaires (G n°29) | Échéance mensuelle | En ligne via Jibayatic |
| Impôt sur la fortune (ISF) | Selon calendrier fiscal | Exclusivement en ligne |
La télédéclaration, nouveau standard obligatoire
L’article 111 de la loi impose la télédéclaration via la plateforme Jibayatic pour la plupart des formulaires. Les entreprises équipées doivent déclarer leurs salaires en ligne avec le NIN de chaque salarié. Le paiement des timbres s’effectue également par voie dématérialisée via « Tabioucom ». Cette unification vise à simplifier les démarches et à sécuriser les échanges, tout en réduisant les délais de traitement.
La déclaration unique regroupée (formulaire G n°1) remplace progressivement les multiples formulaires séparés. Les logiciels comptables doivent être certifiés pour garantir la conformité des transmissions. Les entreprises qui n’ont pas encore migré vers ces outils ont tout intérêt à s’y préparer dès maintenant pour aborder sereinement la date unique du 20 mars fixée pour la TVA.
Réformes fiscales majeures et modernisation administrative (télédéclaration, digitalisation)
La télédéclaration devient obligatoire pour toutes les entreprises via la plateforme Jibayatic. Les déclarations de salaires (formulaire G n°29), l’ISF et la déclaration unique regroupée (formulaire G n°1) s’effectuent exclusivement en ligne, tout comme le paiement des timbres via « Tabioucom ».
Cette digitalisation s’accompagne d’un renforcement des contrôles : les logiciels comptables certifiés deviennent obligatoires et les documents informatiques doivent être conservés 6 ans. La conservation des fichiers par les sociétés civiles est exigée sous 30 jours, sous peine d’une amende de 50.000 DA.
Les entreprises doivent aussi anticiper la déclaration G n°50 prorogée au 1er février et les formulaires G n°12 bis et G n°50 ter au 1er mars. Le non-respect de la facturation électronique expose à des amendes de 25.000 DA à 100.000 DA.
Indicateurs macroéconomiques et budget prévisionnel (PIB, inflation, croissance)
Le projet de loi de finances dresse un budget prévisionnel volumineux, avec des dépenses en crédits de paiement de 17.636 milliards DA, soit l’équivalent de 131 milliards de dollars. Ces projections s’appuient sur des indicateurs macroéconomiques clés tels que le taux d’inflation, la croissance du PIB et l’évolution du taux de change, suivis de près par le ministère des Finances.
Pour financer ces dépenses, l’État prévoit des recettes globales de 8.009 milliards DA, dont 2.697 milliards DA proviennent de la fiscalité pétrolière. Le solde restant, un déficit budgétaire prévisionnel de 9.627 milliards DA, sera couvert par l’emprunt et l’épargne publique, avec une consommation du budget estimée à 70%. Ces chiffres confirment la poursuite d’une politique budgétaire expansionniste.
Exonérations et incitations fiscales (startups, investissements verts, Sukuk) et obligations des employeurs
Exonérations et dispositifs d’incitation pour les entreprises
La loi de finances 2026 renforce considérablement l’attractivité du tissu économique algérien à travers plusieurs dispositifs ciblés. Les startups labellisées bénéficient ainsi d’une exonération fiscale de 4 ans, prolongeable de 2 années supplémentaires, tandis que les incubateurs profitent d’une exonération de 2 ans renouvelables.
- Startups : exonération de 4 ans, prolongeable de 2 ans
- Incubateurs : exonération de 2 ans renouvelables
- Investissements verts : déduction jusqu’à 5 % du bénéfice imposable
- Sukuk souverains : exonération IRG/IBS sur une durée minimale de 5 ans
- Véhicules verts : vignette exonérée (électriques, hybrides, GNC)
Les investissements verts sont particulièrement soutenus : les entreprises peuvent déduire jusqu’à 5 % de leur bénéfice imposable au titre de leurs dépenses de transition énergétique. Par ailleurs, les Sukuk souverains émis pour financer des projets d’infrastructure offrent une exonération totale d’IRG et d’IBS, à condition de respecter une durée minimale de détention de 5 ans.
Côté fiscalité automobile, les véhicules électriques, hybrides et roulant au GNC sont exonérés de vignette, une mesure qui s’inscrit dans la stratégie nationale de décarbonation des transports. Enfin, le secteur agricole n’est pas en reste : une période d’exonération de 15 mois est prévue pour les ovins, avec un droit de douane réduit à 5 % sur les cheptels, viandes et café vert.
Déclarations de salaires en ligne et obligations des employeurs
La dématérialisation des déclarations sociales s’accélère avec l’obligation pour les employeurs de transmettre la déclaration G n°29 exclusivement en ligne via le portail JIBAYATIC. Chaque salarié doit être identifié par son NIN (Numéro d’Identification National), et les stages étudiants sont désormais couverts par ce dispositif. La taxe sur la formation professionnelle fait l’objet d’une déclaration semestrielle obligatoire.
Les employeurs doivent également respecter de nouvelles obligations documentaires : la conservation des documents informatiques est portée à 6 ans, et les sociétés civiles doivent transmettre leur fichier des associés sous 30 jours, sous peine d’une amende de 50.000 DA. Pour les entreprises dépassant un chiffre d’affaires de 2 milliards DA, un effort de recherche et développement équivalent à 1 % du bénéfice imposable devient obligatoire.
FAQ Questions fréquentes sur la loi de finances 2026
Quelles sont les principales mesures fiscales de la loi de finances 2026 en Algérie ?
Les principales mesures incluent la révision du barème de l’impôt sur le revenu global (IRG), la modulation de la TVA sur certains produits, et l’élargissement de l’assiette de l’impôt sur les sociétés (IBS) avec un renforcement des obligations déclaratives en ligne.
Quels sont les nouveaux taux d’imposition introduits par la LF 2026 ?
Aucun taux d’imposition globalement nouveau n’est introduit, mais la loi ajuste les taux réduits de l’IBS pour les activités de production, et réaménage les tranches d’imposition de l’IRG avec des seuils relevés pour lutter contre l’érosion fiscale.
Quelles sont les dates limites de déclaration en 2026 ?
La déclaration annuelle des revenus (IRG) doit être déposée avant le 30 avril 2026, tandis que les déclarations mensuelles de TVA et de la retenue à la source doivent être soumises avant le 20 du mois suivant, via le portail télédéclaration.
Quelles exonérations sont prévues pour les startups et investissements verts ?
Les startups labellisées bénéficient d’une exonération totale de l’IBS et de l’IRG sur les bénéfices réinvestis pendant trois ans, tandis que les investissements verts (énergies renouvelables, recyclage) profitent d’un abattement de 50 % sur la base imposable de l’IBS pour une durée de cinq ans.
