Photos anciennes et histoire de Maison-Carrée (El-Harrach) : du fort colonial à la commune algérienne

Les anciens de Maison-Carrée se retrouvent dans des galeries numériques de photos historiques.

  • Le groupe Facebook « L’ALGÉRIE À TRAVERS SES ANCIENNES PHOTOS » rassemble plus de 30 commentaires.
  • Un tableau Pinterest de 70 idées compile cartes postales et vues d’époque.
  • La maison du combattant d’El-Harrach conserve des albums de soldats vétérans.
  • La population atteignait 51 017 habitants au recensement de 1954.

La période coloniale française à Maison-Carrée : fondation, essor et transformations

-1882 : De la conquête militaire au village de colonisation

L’histoire coloniale de Maison-Carrée commence en 1830. Les soldats français découvrent un petit fort de forme carrée sur la rive droite de l’Oued El Harrach et le baptisent « maison carrée ». Ce nom militaire colle rapidement au lieu-dit.

En 1846, un épisode marque la région : la reddition d’Ahmed Ben-Salem au bordj, qui confirme le contrôle français sur la plaine de la Mitidja. Le village reste pourtant très modeste. Vers 1868, on ne compte que 200 habitants. À titre de comparaison, le village voisin de Rassauta atteint déjà 1 690 habitants à la même époque.

La vie économique s’organise progressivement. En 1862, la commune crée un marché aux bestiaux derrière la mairie, signe que l’activité agricole devient structurante. Le village sort alors lentement de son isolement militaire.

-1954 : L’essor économique et démographique

L’arrivée de l’industrie transforme le territoire. L’usine de tannerie Altairac s’installe entre 1882 et 1920 sur un domaine de 300 hectares. Cette implantation attire une main-d’œuvre nombreuse et fait bondir la population.

En 1942, Maison-Carrée est devenue la 12e ville d’Algérie. Le recensement de 1954 confirme cette explosion : 51 017 habitants y résident, dont 36 280 Algériens et 14 737 Européens. Ce mélange démographique donne naissance à une vie de quartier dense, avec commerces, écoles et lieux de culte.

La ville s’étend, les infrastructures se modernisent, et Maison-Carrée devient un pôle économique majeur de la banlieue algéroise, bien loin du petit fort de 1830.

Photos anciennes de Maison-Carrée : galerie, archives et ressources visuelles

anciens de maison carrée alger
  • Galeries Facebook : le groupe « L’ALGÉRIE À TRAVERS SES ANCIENNES PHOTOS » rassemble plus de 30 commentaires et témoignages autour de clichés de Maison-Carrée, offrant une mémoire vivante du quartier.
  • Tableau Pinterest : l’utilisatrice Jeanine Cerverra a compilé 70 idées dans son tableau « Maison carré », mêlant cartes postales, vues de rues et portraits d’époque.
  • Groupe d’anciens combattants : la maison du combattant d’El-Harrach conserve des archives photographiques de soldats et de vétérans, visibles en ligne dans des albums dédiés.
  • Carrousel vidéo : les résultats de recherche Google affichent un carrousel de vidéos historiques, mêlant images d’archives et documentaires sur l’évolution du quartier.
  • Page datée : une galerie numérique, publiée originellement le 11 septembre 2025, compile les clichés les plus recherchés de la période coloniale, accessibles depuis les moteurs de recherche.

Histoire d’El-Harrach / Maison-Carrée : des origines ottomanes à l’indépendance

Période pré-coloniale : le pont sur l’Oued El Harrach

Bien avant l’arrivée des troupes françaises, la zone située sur la rive gauche de l’Oued El Harrach constituait un carrefour stratégique. Le véritable point de départ de son histoire urbaine est la construction d’un pont monumental en pierre, appelé qanatra, au XVIIe siècle. Cet ouvrage permettait de franchir l’oued à un endroit où la route reliant Alger à la Mitidja devenait impraticable lors des crues hivernales.

  • 1697 : pont bâti par Hadj Ahmed Bey
  • 1736 : pont restauré par Ibrahim Ben Radam
  • XVIIe siècle : qanatra (pont de pierre) sur Oued El Harrach

Ce pont de pierre, l’un des rares vestiges majeurs de la période ottomane dans la région, servait de poste de contrôle et de péage. Il reliait la ville d’Alger aux plaines agricoles et aux villes de l’est du pays. Pendant plus d’un siècle, cet axe structura les échanges entre la Casbah d’Alger, perchée sur son dénivelé de 116 mètres, et l’arrière-pays agricole.

Évolution du quartier jusqu’à l’indépendance

Le fort français surnommé « Maison-Carrée » , construit en 1830 sur les hauteurs dominant le pont, donna son nom à la localité. La reddition du chef de la résistance locale Ahmed Ben-Salem au bordj, entre 1846 et 1868, marqua la transition vers le contrôle colonial total. La population, qui n’atteignait que 200 habitants vers 1868, connut une croissance fulgurante : un an plus tard, elle atteignait déjà 1 000 habitants, tandis que le hameau voisin de Rassauta comptait 1 690 habitants.

L’installation de l’usine de tannerie Altairac sur un domaine de 300 hectares, entre 1882 et 1920, accéléra l’industrialisation et l’urbanisation. Le Marché aux bestiaux, créé dès 1862 derrière la future mairie, confirma le rôle de carrefour commercial du bourg. À la veille de la guerre d’indépendance, Maison-Carrée comptait 51 017 habitants, dont 36 280 Algériens et 14 737 Européens, ce qui en faisait la 12e ville d’Algérie.

Un indice archéologique majeur, la découverte en 1930 d’une hache polie préhistorique à Belle-Vue, prouve que le site était habité bien avant l’époque ottomane. Ce passé profond contraste avec l’image strictement coloniale souvent associée à Maison-Carrée.

La réputation d’El-Harrach : clés pour comprendre le quartier aujourd’hui

Aujourd’hui El-Harrach conserve l’image d’un quartier populaire et commerçant, héritier direct de son passé industriel. La présence de plusieurs gares ferroviaires et de la rocade en fait un pôle de transit majeur pour la banlieue d’Alger. Cette centralité attire un flux constant de visiteurs, ce qui explique aussi sa réputation parfois associée à une certaine agitation urbaine.

Le quartier a su préserver une vie de marché très active, en particulier autour de l’ancien marché aux puces de Bomati. Sa réputation contrastée à la fois vivante et populaire, mais aussi marquée par des épisodes de tensions trouve ses racines dans la forte croissance démographique de la période coloniale. En 1954, la ville comptait 51 017 habitants avec une majorité algérienne de 36 280 personnes et une minorité européenne de 14 737 habitants.

Les logements sociaux et les cités construites durant les années 1970 et 1980 façonnent aujourd’hui le paysage d’El-Harrach. Malgré une réputation parfois sulfureuse dans les médias, le quartier reste un lieu d’histoire forte, avec ses anciennes tanneries Altairac et son pont ottoman. Les habitants valorisent la mixité sociale et l’attachement à ce territoire longtemps appelé « Maison-Carrée ».

Questions fréquentes sur l’histoire de Maison-Carrée et El-Harrach

Comment Maison-Carrée est-elle devenue un quartier d’Alger ?

Maison-Carrée est devenue un quartier d’Alger en 1963, après l’indépendance de l’Algérie, lorsqu’elle a été officiellement intégrée comme commune intra-muros de la capitale sous le nom d’El-Harrach. Auparavant commune de plein exercice depuis 1882, elle a fusionné avec Alger pour former un arrondissement.

Quel est le plus ancien quartier d’Alger ?

Le plus ancien quartier d’Alger est la Casbah, fondée au 10e siècle sur les ruines d’Icosium. Ce site classé à l’UNESCO est le cœur historique et pré-colonial de la ville, bien antérieur aux quartiers périphériques comme Maison-Carrée.

Pourquoi El-Harrach était-il appelé « le petit Paris » ?

El-Harrach était appelé « le petit Paris » en raison de son architecture élégante de style haussmannien, de ses larges boulevards et de ses nombreux jardins publics. Ce surnom reflétait l’ambition coloniale de reproduire le modèle urbain et culturel parisien dans cette banlieue algéroise prospère au début du 20e siècle.

Quelle communauté française vivait à Maison-Carrée ?

La communauté française de Maison-Carrée était principalement composée de Pieds-noirs d’origine européenne : ouvriers, artisans, petits commerçants et fonctionnaires. Beaucoup étaient des descendants de colons arrivés après 1848, ainsi que des immigrés italiens, espagnols et maltais naturalisés français, formant une société cosmopolite jusqu’à l’indépendance.